ORIENTATION

Donner à chaque élève les moyens de choisir et de réussir son parcours d’orientation !

 

Comment faire en sorte que l’élève, avec ses parents, soit pleinement partie prenante des décisions qui concernent son avenir ? Voici la question que pose l’expérimentation du « dernier mot aux parent » en matière d’orientation à l’issue du collège. La FCPE s’était réjouie de la voir inscrite dans la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de juillet 2013 car elle ouvrait enfin la porte à l’orientation choisie, exigence que la FCPE a inscrite dans son projet éducatif et portée lors de la concertation sur la refondation à l’été 2012.

 

Elle faisait alors le constat que l’institution scolaire ne prend pas en compte la volonté et la parole de l’élève, ainsi que celle de ses parents dans les processus d’orientation. Ce fonctionnement est d’autant plus préoccupant que bien souvent, un élève exclu des choix qui le concernent finit par s’exclure du processus de sa construction personnelle et professionnelle et in fine, pénalise son avenir. L’orientation subie est une des causes du décrochage scolaire et de la sortie prématurée chaque année de 140 000 jeunes du système éducatif.

 

Pour la FCPE, cette situation n’est plus tenable : les jeunes et leurs parents doivent pouvoir choisir à la fin de la 3e et de la 2nde ce qu’ils veulent apprendre ensuite et tout doit être mis en place au sein de l’Ecole pour que ce choix d’orientation se traduise par la réussite de chacun d’entre eux. Permettre à chaque élève de construire son parcours, qui pourra évoluer tout au long de sa scolarité, et d’y réussir est une responsabilité qui incombe à l’Etat.

 

Ainsi, la parution en novembre 2013 d’un décret, puis en mars 2014 d’un arrêté encadrant cette expérimentation, prévue jusqu’en 2016 dans 110 collèges, est une première étape qui ne doit pas s’arrêter là. Le décret prévoit deux rencontres entre les parents et l’équipe éducative après le dernier conseil de classe de 3e mais ce n’est pas suffisant pour rendre effectif le droit à l’orientation choisie.

 

La mise en place pour tous les élèves et tout au long du collège d’une véritable « éducation à l’orientation », la qualité et la régularité du dialogue entre les parents et l’équipe éducative, les actions à développer dans les collèges comme dans les lycées pour inscrire chaque élève dans un parcours de réussite font partie des conditions à réunir pour cela.

 

Et au-delà, cette expérimentation est aussi l’occasion d’aller plus loin en servant d’appui à d’autres innovations, comme par exemple la fin des notes, qui ont un impact important sur l’orientation, et la mise en place d’une évaluation positive et formative, ou encore, la reconnaissance du droit à l’erreur en facilitant les passerelles entre filières pour permettre la réorientation d’élèves.

 

De la réussite de cette expérimentation, qui sera évaluée à l’issue des trois années, dépendra la généralisation de ce nouveau processus de décision quant à l’orientation des élèves en fin de collège et pourra ouvrir la voie vers le libre choix de son avenir pour chaque jeune sur l’ensemble de la scolarité. Les conditions de sa mise en œuvre feront également partie de l’évaluation.

 

La FCPE sera donc particulièrement vigilante à la qualité des projets menés qui devront reposer sur l’ensemble des membres de la communauté éducative pour réussir. Parents, élèves, enseignants, chefs d’établissements, conseillers d’orientation doivent dialoguer ensemble dans chaque collège et s’emparer de cette expérimentation pour la mettre au service des élèves, de leur réussite et de leur épanouissement !

 

Paul Raoult, président de la FCPE